Six Français sur dix font confiance à leur maire : la démocratie tient d’abord à la proximité.
Chaque année, le Cevipof de Sciences Po demande aux Français en qui ils ont confiance. L’édition de février 2026, réalisée par OpinionWay, la dix-septième vague de son baromètre de la confiance politique, met en évidence un contraste net entre les acteurs de la vie politique nationale, partis, élus et médias, et ceux que l’on croise au quotidien.
à leur maire (février 2026)
Le premier chiffre décrit la distance : 22 % des Français déclarent avoir confiance dans la politique, soit 4 points de moins qu’en 2025. Les partis recueillent 15 % de confiance, le président de la République 18 % et l’Assemblée nationale 20 %.
Le second chiffre décrit la proximité : les maires recueillent 60 % de confiance, ce qui les place très loin devant tous les autres élus. Le maire est le seul responsable politique à dépasser 50 % sur cet indicateur.
Cette confiance s’étend aux institutions qui soignent et qui protègent. Les artisans, cités par le CESE, recueillent 84 % de confiance. Les hôpitaux obtiennent 79 %, la gendarmerie 77 %, l’armée 75 %, la police 73 % et la Sécurité sociale 68 %. À l’inverse, les syndicats sont à 37 % et les médias à 29 %. Le Cevipof résume le constat en une formule : la proximité fait figure de refuge.
Un maire, c’est quelqu’un que l’on peut aborder au marché, à la sortie de l’école, à la mairie. Il gère l’école communale, tient l’état civil, répond à la panne d’éclairage de la rue, ouvre la salle des fêtes pour l’anniversaire d’une association. Les Français le voient agir, et leur confiance suit ce qu’ils voient.
L’enquête dit aussi autre chose, que l’on retient trop peu : l’attachement au régime démocratique est resté stable, à 82 % des personnes interrogées. Ce que les Français critiquent, c’est le fonctionnement de la démocratie, pas son principe.
Et ils savent ce qu’ils veulent y ajouter. Selon le même baromètre, 79 % souhaitent un recours plus fréquent au référendum, 77 % sont favorables à des conventions citoyennes, et les chercheurs relèvent une forte demande de décentralisation.
Le malaise est pourtant réel : 51 % des Français jugent qu’il n’y a pas de quoi être fiers de leur système démocratique, contre 40 % en Italie, 34 % en Allemagne et 32 % au Royaume-Uni, et 80 % estiment que le gouvernement navigue à vue. La défiance envers le niveau national est réelle et documentée.
Le même pays qui doute de ses sommets continue de faire confiance à ceux qui le font fonctionner de près, et à l’idée même de démocratie. Les chercheurs du Cevipof concluent que les Français veulent retrouver du concret, du contrôle et de la proximité, et c’est une base solide que ces chiffres rendent visible.
Sources : Sciences Po Cevipof — Baromètre de la confiance politique, vague 17 (9 février 2026) · Cevipof — Baromètre de la confiance politique, infographie vague 17 (HAL, février 2026)