La Sécurité sociale dépense 759 milliards d’euros pour nous protéger, et son déficit, 21,6 milliards, pèse moins de 3 % de ce budget et moins que les intérêts de la dette.
La Sécurité sociale est le premier poste de dépenses publiques de la France, et pourtant son déficit n’en est qu’une petite part. En 2024, l’Insee compte 1 672 milliards d’euros de dépenses publiques, soit 57 % du PIB. La protection sociale en représente 693 milliards (41 %) et la santé 261 milliards (16 %). Les administrations de sécurité sociale, à elles seules, dépensent 759 milliards d’euros.
moins de 3 % de ses dépenses
Derrière ces montants, il y a des retraites, des remboursements de soins, des allocations familiales et des indemnités de chômage. L’Insee détaille 556 milliards d’euros de prestations sociales en espèces, 67 milliards d’euros d’aide aux familles et 49 milliards d’euros pour le chômage et la formation des demandeurs d’emploi.
Ce poids ne grimpe pas sans limite. Entre 2014 et 2024, la part de la protection sociale dans les dépenses publiques a reculé de 0,5 point, alors que celle de la défense gagnait 0,4 point. En dix ans, les dépenses de protection sociale ont augmenté de 165 milliards d’euros, mais leur part du PIB a diminué de 0,8 point.
Le déficit de la Sécurité sociale a atteint 21,6 milliards d’euros en 2025, selon la Cour des comptes, soit moins de 3 % des 759 milliards d’euros dépensés par les administrations de sécurité sociale en 2024. Pour 2026, il devrait revenir à 19,4 milliards d’euros.
Pour situer cet ordre de grandeur, la charge de la dette atteint 60 milliards d’euros en 2024, près de trois fois ce déficit. Les dépenses de défense s’élèvent à 54,2 milliards d’euros, soit 1,9 % du PIB, et progressent de 7,8 % par an en moyenne entre 2021 et 2024, d’après l’Insee.
Les aides publiques aux entreprises représentent au moins 211 milliards d’euros en 2023, au sens large, selon la commission d’enquête du Sénat, soit près de dix fois le déficit de la Sécurité sociale. Ce chiffre regroupe des subventions, environ 43 milliards d’euros de dépenses fiscales et près de 80 milliards d’euros d’allègements de cotisations sociales. Au sens strict, le Sénat compte 108 milliards d’euros, et précise que ces montants sont des planchers.
Les sénateurs invitent eux-mêmes à la prudence : le président de la commission, Olivier Rietmann, note que sans évaluation il est impossible de dire si ces aides sont bien ou mal utilisées.
La Sécurité sociale coûte cher parce qu’elle protège beaucoup de monde, à chaque âge de la vie. Son déficit est un sujet réel, mais de taille limitée au regard de ce qu’elle assure : financer la protection de tous, ensemble, est un choix de société que ces chiffres permettent de regarder en face.
Sources : Insee — Usage de l’argent public : les dépenses publiques par fonction en 2024 (Insee Première n° 2093, février 2026) · Cour des comptes — Sécurité sociale 2026 (27 mai 2026)