l cart de salaire entre femmes et hommes

L’écart de salaire entre femmes et hommes se referme, année après année.

Vérifié · 2 sourcesN° 1061 Nov 26

Si vous cherchez de combien les femmes sont moins payées que les hommes, vous trouverez trois réponses différentes, toutes exactes et toutes publiées par l’Insee, qui ne répondent simplement pas à la même question.

3,6 %d'écart de salaire entre femmes et hommes
à poste et établissement identiques

La première est 21,8 %, l’écart de revenu salarial dans le secteur privé en 2024 tel que l’Insee le publie dans son Focus n° 377 : tout compris, temps partiels, interruptions de carrière et heures supplémentaires inclus. C’est le chiffre le plus large, et par conséquent celui qui décrit le mieux ce que les femmes perçoivent réellement au bout de l’année.

La deuxième est 14,0 %. Une fois neutralisé le volume annuel de travail, c’est-à-dire une fois le temps partiel mis de côté, l’écart moyen de salaire se réduit d’un bon tiers mais ne disparaît évidemment pas.

La troisième est 3,6 %. À poste identique, dans le même établissement, c’est tout ce qui reste : la part que ni le métier exercé, ni l’entreprise, ni la durée travaillée ne parviennent à expliquer. C’est aussi le chiffre le plus souvent cité seul, ce qui en fait le plus trompeur des trois lorsqu’on le détache des deux autres.

L’intervalle entre ces trois chiffres est le vrai sujet, et il est plus instructif qu’aucun d’eux pris isolément. Il dit que l’essentiel de l’écart ne se joue pas au moment de fixer un salaire, mais bien avant, dans les métiers ouverts et les heures disponibles.

La structure des emplois le montre crûment. Les femmes occupent 42 % des postes du secteur privé en équivalent temps plein, mais seulement 24 % du centile le mieux rémunéré, selon cette même publication de février 2026. Autrement dit, la parité est presque atteinte dans le corps des emplois et reste lointaine à son sommet, où se décident les rémunérations les plus élevées.

La tendance reste orientée à la baisse, ce qui est la bonne nouvelle de cette série, mais elle ralentit nettement : l’écart de revenu salarial a reculé de 0,4 point en 2024, quand il perdait 0,9 point par an en moyenne entre 2019 et 2023.

Une dernière précaution évite bien des querelles stériles entre chiffres qui semblent se contredire. Eurostat mesure autre chose, l’écart horaire brut non ajusté, qu’il établit à 11,8 % en 2024 contre 16,3 % en 2017. Sur cette définition-là, la France reste très légèrement au-dessus de la moyenne des Vingt-Sept, qui s’établit à 11,1 % pour la même année. L’écart se referme donc partout, et la France n’y est ni en avance ni en retard.

Les deux séries racontent la même histoire d’un écart qui se referme, à des rythmes voisins et sur deux décennies. Elles ne se moyennent jamais, parce qu’elles ne mesurent ni les mêmes salariés, ni la même durée, ni le même salaire.

Sources : Insee Focus n° 377 — L’écart de salaire entre les femmes et les hommes en 2024 (26 février 2026) · Eurostat — Gender pay gap in unadjusted form (sdg_05_20), extrait le 1er novembre 2026