Siège de l'amphi B, récemment rénové en 2014.

Le diplôme du supérieur a cessé d’être réservé à une minorité.

Vérifié · 3 sourcesN° 1071 Nov 26

55,8 % des Français de 25 à 34 ans étaient diplômés de l’enseignement supérieur en 2025, contre 47,0 % sept ans plus tôt, selon les séries qu’Eurostat tient pour l’ensemble des Vingt-Sept États membres.

55,8 %des 25 à 34 ans sont diplômés du supérieur
en France, contre 44,8 % dans l'Union

La progression ne doit rien à un sursaut passager, puisque la courbe monte sans interruption depuis 2018 : 50,3 % en 2021, 51,9 % en 2023, 53,1 % en 2024, et ce bond de 2,7 points enregistré sur la seule dernière année.

L’Union européenne s’était fixé d’atteindre 45 % de diplômés du supérieur chez les 25-34 ans à l’horizon 2030, un seuil que la France avait franchi bien avant qu’il soit écrit, quand la moyenne des Vingt-Sept atteint aujourd’hui 44,8 %. L’écart avec l’Union s’est d’ailleurs creusé plutôt que réduit, puisqu’il était de huit points en 2018 et qu’il en vaut onze aujourd’hui.

Trois sources indépendantes dessinent exactement la même courbe, ce qui est rare et mérite d’être signalé. Le ministère de l’Enseignement supérieur compte 53 % de diplômés chez les 25-34 ans pour 2024 et place la France au onzième rang de l’OCDE, tandis que l’Insee relevait 51,9 % pour 2023.

Ce sont les femmes qui portent l’essentiel du mouvement, et l’écart n’a rien d’anecdotique : entre 25 et 34 ans, 56 % d’entre elles sortent de l’enseignement supérieur, contre 50 % des hommes, soit six points de différence que l’Insee mesure année après année. Cette avance féminine ne se traduit pourtant pas dans les salaires, ce qui reste l’un des écarts les plus tenaces de la statistique française.

Une précaution s’impose avant toute comparaison hâtive, car l’Insee publie aussi un taux de 43,9 % pour les mêmes tranches d’âge. Ce chiffre ne compte que les diplômes supérieurs à bac+2 : c’est un autre périmètre, et les deux valeurs ne se confondent ni ne se moyennent.

La série dit ce qu’elle mesure, et rien de plus. Un diplôme n’est pas un emploi, et la part des jeunes diplômés ne renseigne ni sur ce que vaut le titre sur le marché du travail, ni sur les conditions dans lesquelles il a été décroché, ni sur ce qu’il a coûté aux familles. Le décompte européen regroupe sous le même toit le BTS, le BUT, la licence, le master et le doctorat, des titres dont la durée et le débouché n’ont évidemment rien de comparable.

Le contrepoint est générationnel et il mérite d’être dit sans détour. Sur l’ensemble des 25-64 ans, la France ne se classe qu’au dix-huitième rang de l’OCDE : l’avance se joue chez les jeunes, elle n’a pas encore gagné le pays tout entier.

Reste un fait que la courbe établit sans discussion possible, et qu’aucune lecture pessimiste ne défait. En une génération, le diplôme du supérieur est passé du privilège d’une minorité à l’ordinaire d’une majorité, et ce basculement-là ne se rejoue pas à l’envers.

Sources : Eurostat — Population by educational attainment level (edat_lfse_03), série 25-34 ans, extraite le 1er novembre 2026 · Ministère de l’Enseignement supérieur — L’état de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation n° 19, le niveau d’études de la population et des jeunes