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Près d’un quart de l’énergie consommée en France est désormais renouvelable.

Vérifié · 3 sourcesN° 1051 Nov 26

En 2024, pour la première fois, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie de la France a atteint 23,0 %, selon les résultats provisoires du service statistique du ministère de la Transition écologique.

23,0 %de l'énergie consommée en France
vient de sources renouvelables

Elle était de 22,4 % l’année précédente et de 17,2 % en 2019, ce qui représente près de six points gagnés en cinq ans, sur un indicateur qui bouge habituellement avec une lenteur de glacier. Les séries européennes prolongent même la pente jusqu’à 23,9 % pour 2025, chiffre encore provisoire que le service statistique français n’a pas publié.

Photo : Le Passant / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0

Le détail par usage éclaire la mécanique de cette progression. Les renouvelables représentent 31,1 % de la chaleur et du froid consommés, 30,8 % de l’électricité, mais seulement 10,7 % de l’énergie des transports. L’écart entre ces trois usages est le fait le plus parlant de toute la série, et il dure depuis que l’indicateur existe.

C’est ce dernier chiffre qui fixe le rythme de l’ensemble, puisque les transports pèsent lourd dans la consommation finale et qu’ils restent, de très loin, le secteur le moins avancé de la transition. Tant que ce poste n’aura pas bougé, la moyenne nationale ne pourra progresser qu’au rythme des deux autres.

Les séries européennes confirment la trajectoire avec un écart minime. Eurostat relève 23,2 % pour la France en 2024, contre 23,0 % pour le service statistique français : la différence tient aux arrondis et aux révisions de données. Les deux institutions appliquent la même définition européenne, celle de la directive de 2018, ce qui rend la comparaison directement possible.

Photo : SophieBalland / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0

La France reste pourtant derrière la moyenne de l’Union, qui atteint 25,2 % la même année, et l’écart entre les deux courbes ne s’est pas refermé depuis 2019 malgré la progression française. Les Vingt-Sept avancent en effet au même rythme, de sorte que le retard français se maintient autour de deux points.

L’objectif que le pays s’est engagé à tenir est par ailleurs nettement plus haut que le point où il se trouve. La directive européenne fixe 33 % de renouvelables dans la consommation finale brute à l’horizon 2030.

Dix points restent donc à parcourir en six ans, quand les cinq dernières années en ont produit six. Le rythme actuel n’y suffit pas tout à fait, et c’est la seule lecture honnête de ces chiffres. Le dire n’enlève rien à ce qui a été fait, mais le taire reviendrait à promettre une cible déjà manquée.

Reste qu’un quart d’une consommation énergétique nationale ne bascule pas par accident. Ce qui était une part marginale il y a quinze ans est devenu une fraction que plus personne ne peut traiter comme un appoint, ni dans les bilans énergétiques ni dans les décisions d’investissement des années à venir.

Sources : SDES — Les énergies renouvelables en France en 2024 dans le cadre du suivi de la directive (UE) 2018/2001, données provisoires · Eurostat — Share of energy from renewable sources (nrg_ind_ren), extrait le 1er novembre 2026