Le logement social allège la facture de millions de locataires.

Le logement social allège la facture de millions de locataires.

Vérifié · 4 sourcesN° 10231 Oct 26

De Berlin à Athènes, le loyer dévore une part du revenu des ménages que la France, elle, parvient à contenir. La comparaison européenne est publique, elle est mise à jour chaque automne, et elle tourne à son avantage.

225 eurosgagnés chaque mois en moyenne
par un locataire du parc social

En 2025, 6,4 % des personnes vivant en France habitaient un ménage consacrant plus de 40 % de son revenu disponible au logement. Dans l’Union européenne, la proportion était de 7,6 %, d’après les séries qu’Eurostat a actualisées le 29 octobre. En Allemagne, elle atteint 11,2 % ; en Grèce, elle grimpe à 26,4 %.

Photo : Velvet / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0

Les Pays-Bas sont au même niveau, à 6,5 %, et l’Espagne un peu au-dessus, à 7,2 %, de sorte que la France se place parmi les pays où le logement pèse le moins lourd. Chez les ménages situés au-dessus du seuil de pauvreté, l’écart se resserre, avec 2,7 % en France contre 3,4 % dans l’Union.

Un an plus tôt, la France était à 7,0 % et l’Union à 8,2 %, si bien que la charge a reculé des deux côtés, un peu plus vite ici qu’ailleurs.

Ce résultat n’a rien d’un hasard de marché. Au 1er janvier 2025, le pays comptait 5,4 millions de logements locatifs sociaux, soit 15,9 % des résidences principales, loués en moyenne 6,76 euros le mètre carré, très en dessous des prix pratiqués dans le parc privé. Près d’un logement occupé sur six échappe donc à la formation libre des prix.

Le service statistique du ministère de la Transition écologique a chiffré ce que ce loyer encadré fait gagner. C’est en moyenne 225 euros par mois, c’est-à-dire l’écart entre le loyer demandé par le bailleur social et la valeur de marché d’un logement comparable. L’avantage est plus large pour les ménages modestes, et plus large encore là où le logement coûte le plus cher.

L’édifice s’effrite par un bout, et il faut le dire : 55 % des loyers du parc social dépassent désormais les plafonds retenus pour calculer les aides personnelles au logement, une part qui a nettement augmenté depuis 2013 et qui continue de croître. Autrement dit, l’aide au logement suit de moins en moins le loyer réel, et une partie du gain se perd en route.

La protection n’est pas non plus la même pour tous, puisque parmi les personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 25,4 % consacrent encore plus de 40 % de leur revenu au logement en France, contre 29,0 % dans l’Union. Le parc, lui, n’avance que lentement : 71 300 logements mis en location pour la première fois en un an, 18 100 démolis et 10 900 vendus.

Ce parc ne s’est pas décrété en une loi, il s’est construit immeuble après immeuble, et c’est lui qui tient aujourd’hui les budgets à flot.

Sources : Eurostat — Housing cost overburden rate by age, sex and poverty status (ilc_lvho07a, données 2025, mise à jour du 29 octobre 2026) · SDES, ministère de la Transition écologique — 5,4 millions de logements locatifs sociaux en France au 1er janvier 2025 (RPLS)