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La tolérance des Français est à 64 sur 100, près de son record, même si les actes racistes enregistrés restent élevés.

Vérifié · 2 sourcesN° 08129 Oct 26

« L’adhésion des citoyens français aux valeurs de tolérance montre une résilience remarquable », écrit la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans son rapport 2025. Ce constat repose sur un indice, qui vaut 64 sur 100 cette année, soit autant qu’en 2024.

64 sur 100l'indice de tolérance des Français
en 2025, stable depuis 2024

Cet indice est calculé chaque année depuis 1990 à partir d’une enquête en face à face sur les opinions à l’égard des personnes noires, asiatiques, arabes, roms, musulmanes et juives. Il va de 0, pour l’intolérance, à 100, pour la tolérance. Avec 64, il se situe un point sous son niveau le plus haut et au quatrième meilleur score depuis 1990.

Depuis 2016, il est orienté à la hausse, malgré un net recul en 2023. La commission avance plusieurs facteurs : l’élévation du niveau de diplôme, le renouvellement des générations, les expériences interculturelles et les discours politiques et médiatiques de tolérance. Cette progression est portée, selon elle, par des facteurs structurels plutôt que par l’actualité du moment.

Les générations jouent un rôle central. Sur certains sujets, les jeunes affichent jusqu’à 25 points de tolérance de plus que leurs aînés, et les cohortes les plus récentes, dont les niveaux étaient déjà hauts, progressent encore. La commission parle d’une « polarisation générationnelle » : l’écart entre jeunes et aînés se creuse, ce qui signifie que la tolérance dépend aussi de l’âge des personnes interrogées.

Les préjugés n’ont pas disparu pour autant. Selon le même baromètre, 35 % des personnes interrogées estiment encore que les personnes juives ont un rapport particulier à l’argent, une proportion qui atteint 48 % chez les plus de 70 ans.

Les actes recensés racontent une autre histoire. Selon les données du ministère de l’Intérieur reprises par la commission, 3 289 faits racistes, antisémites ou antimusulmans ont été enregistrés en 2025, dont 1 320 faits antisémites, en baisse de 16 % sur la période 2024-2025 après l’explosion de 2023, 1 643 autres faits racistes et xénophobes et 326 faits antimusulmans, en forte hausse depuis 2024.

À l’école, la commission s’inquiète aussi de la hausse des signalements : 3 851 actes racistes ont été recensés dans les établissements du second degré.

Ces deux mesures ne se contredisent pas, car elles ne portent pas sur la même chose. L’indice décrit les opinions déclarées par un échantillon de la population, alors que les faits recensés décrivent des actes signalés aux autorités : les seconds peuvent progresser pendant que les premières restent tolérantes, comme la commission l’avait déjà relevé dans son rapport précédent.

Ces chiffres ne disent ni ce que vivent les personnes visées, ni pourquoi les actes progressent alors que la tolérance se maintient. Ils indiquent que la tolérance mesurée dans l’opinion reste élevée, et que ce sont les plus jeunes qui la portent le plus.

Sources : CNCDH — Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie : rapport 2025 (publié le 24 juin 2026) · CNCDH — Essentiels du rapport racisme 2025 (baromètre et données du ministère de l’Intérieur)