Park bench at Sentmaring park in Münster, North Rhine-Westphalia, GermanyThe name is derived from “Park am ehemaligen Ha

La France consacre 13,4 % de son PIB à la vieillesse, plus que la plupart de ses voisins, mais le déficit des retraites reste de 0,2 point en 2025.

Vérifié · 2 sourcesN° 08029 Oct 26

La France consacre à la vieillesse une part de sa richesse supérieure à celle de la plupart de ses voisins, et pourtant son système de retraite est aujourd’hui proche de l’équilibre. Les deux affirmations sont exactes, et elles s’appuient sur des mesures différentes.

13,4 %du PIB consacrés à la vieillesse
en 2024, contre 10,6 % dans l'UE

Selon Eurostat, les administrations publiques françaises ont consacré 13,4 % du PIB à la vieillesse en 2024, contre 10,6 % en moyenne dans l’Union européenne. Parmi les pays comparés ici, seule l’Italie fait plus, avec 13,9 %, devant l’Espagne (10,4 %), la Belgique (10,2 %), l’Allemagne (9,9 %) et les Pays-Bas (6,1 %).

Le Conseil d’orientation des retraites, dans son rapport de juin 2026, arrive à la même conclusion : parmi les pays qu’il suit, la France est le deuxième, après l’Italie, pour la part des dépenses de retraite publiques dans le PIB. Il chiffre ces dépenses à 14,1 % du PIB en 2025, selon un périmètre différent de celui d’Eurostat.

Le conseil ajoute une nuance : par habitant, la France ne se classe plus que sixième, derrière les États-Unis, l’Italie, la Suède, l’Allemagne et la Belgique, et juste devant les Pays-Bas. Ce classement, écrit-il, suggère que le niveau relativement élevé observé en France s’explique en partie par un PIB par habitant plus faible que dans d’autres pays.

Côté finances du système, le conseil estime que les régimes de base et complémentaires sont déficitaires de 5,1 milliards d’euros en 2025, soit 0,2 point de PIB. C’est un déficit faible au regard de dépenses qui représentent 14,1 % de la richesse nationale.

Les projections sont moins confortables à long terme. Dans le scénario de référence, les dépenses restent stables jusqu’en 2045, à 14,2 % du PIB, puis atteignent 15,3 % en 2070, tandis que le déficit passe de 0,2 point de PIB en 2030 à 0,9 point en 2045 et à 2,4 points en 2070.

L’âge moyen de départ à la retraite est de 63,1 ans en 2025 et passerait à 64,6 ans en 2070 dans ces projections. Elles reposent sur des hypothèses démographiques et économiques qui peuvent changer, et le conseil les révise d’un rapport à l’autre : celles de 2025 reposaient sur des hypothèses démographiques datant de 2021.

Ces chiffres décrivent des masses financières, pas la situation des retraités. Ils ne disent rien du montant moyen d’une pension ni de la pauvreté des personnes âgées, qui relèvent d’autres statistiques.

En résumé, la France consacre plus de sa richesse aux retraites que la plupart de ses voisins, avec un système aujourd’hui proche de l’équilibre et un déficit qui se creuserait lentement à long terme dans le scénario de référence. Ces chiffres ne disent pas si ce niveau est souhaitable, ni quel âge de départ ou quel financement serait le bon.

Sources : Conseil d’orientation des retraites — Rapport annuel de juin 2026, synthèse · Eurostat — General government expenditure by function (COFOG), fonction « vieillesse » (gov_10a_exp, 2024)