Dans chaque ville où il chante, un bachelier voit ses études financées.
À Lille, à Marseille, à Toulouse, la tournée s’arrête, le concert a lieu, et un jeune de la ville repart avec de quoi payer sa première année d’études supérieures : c’est le principe que Kery James applique depuis une dizaine d’années.
de la tournée
Son association s’appelle A.C.E.S, pour Apprendre, Comprendre, Entreprendre, Servir, et le dispositif tient en une phrase : dans les communes où le rappeur se produit, les titulaires du baccalauréat peuvent candidater, et l’un d’eux au moins reçoit une bourse destinée à financer ses études supérieures. Ce n’est ni un prêt ni une avance, et rien n’est demandé en retour.

Le montant de référence est de 6 000 euros, documenté par la presse spécialisée dès 2015 puis à nouveau en 2018. Il a parfois doublé : Radio France a rendu compte d’une édition où 12 000 euros ont été attribués. Les candidats déposent un dossier et une vidéo, et une commission tranche.
La sélection ne repose pas seulement sur les résultats scolaires. Les candidats déposent un dossier et une vidéo dans lesquels ils exposent leur parcours et leur projet, ce qui permet de distinguer un élève que ses notes seules n’auraient pas désigné mais dont la trajectoire dit l’effort fourni. C’est une différence de méthode avec les bourses sur critères sociaux, qui ne regardent que le revenu du foyer, et avec les bourses au mérite, qui ne regardent que la mention.
Le dispositif s’est entouré de parrains dont les noms disent le milieu d’où il vient. Omar Sy et Florent Malouda ont accompagné les premières éditions ; les footballeurs Nabil Fekir, Bryan Dabo, Franck Ribéry et le basketteur Evan Fournier ont rejoint le tour de table par la suite, certaines bourses portant directement leur financement.

L’économie du projet tient elle aussi en une phrase : ce sont les concerts qui paient. L’INA a conservé la trace d’une étape de cette tournée solidaire à la Maison de la Radio, dont les 17 000 euros récoltés ont financé les projets d’une dizaine d’étudiants issus de banlieue et de Paris. Le modèle a l’avantage de ne dépendre d’aucune subvention, et l’inconvénient de s’arrêter quand la tournée s’arrête.
La bonne nouvelle c’est que la tournée continue. Kery James joue à l’Accor Arena le 15 novembre prochain, après une série de festivals cet été, et l’association communique toujours sur ses bourses.
Six mille euros ne font pas un diplôme. Ils font la différence entre s’inscrire et renoncer.
Sources : Radio France / Mouv — Kery James, Nabil Fekir, Bryan Dabo : 12 000 euros de bourse pour les bacheliers · Clique.tv — Kery James, engagé pour financer les études supérieures