À chaque génération, les couples se mélangent davantage : 27 % des immigrés ont un conjoint sans ascendance migratoire, 66 % de leurs enfants.
La France se mélange, couple après couple. En 2019-2020, 27 % des immigrés vivant en couple avaient un conjoint sans ascendance migratoire directe, c’est-à-dire ni immigré ni descendant d’immigrés. Chez leurs enfants, nés en France, cette proportion atteint 66 %, selon l’Insee, d’après l’enquête Trajectoires et Origines 2 et les enquêtes Emploi.
sans ascendance migratoire (27 % pour les immigrés)
Pour comprendre ce chiffre, regardons comment se forment les couples de la première génération. La majorité des immigrés vivent avec un autre immigré (63 %), et 11 % avec un descendant d’immigrés. Dans 86 % de ces cas, les deux conjoints viennent du même pays. Cela tient en partie à l’âge d’arrivée : les personnes venues adultes étaient souvent déjà en couple avant de migrer.
L’Insee le mesure : 59 % des immigrés arrivés adultes vivent avec un immigré du même pays qu’eux, contre 43 % de ceux arrivés avant 18 ans. Les immigrés d’Europe du Sud, arrivés en moyenne plus jeunes (17,6 ans contre 22,5 ans pour l’ensemble), ont plus souvent un conjoint sans ascendance migratoire : 33 %, contre 27 % pour l’ensemble des immigrés.
À la génération suivante, tout change. Les descendants d’immigrés vivent à 66 % avec une personne sans ascendance migratoire, à 19 % avec un autre descendant d’immigrés et à 15 % avec un immigré. Les unions entre personnes de même origine ne représentent plus que 20 % des couples, contre 63 % chez leurs parents.
Tout dépend du nombre de parents immigrés. Quand un seul des deux parents est immigré, 80 % des descendants vivent avec une personne sans ascendance migratoire, et seulement 8 % dans une union de même origine. Quand les deux parents sont immigrés, ils sont 50 % à vivre avec une personne sans ascendance migratoire et 35 % dans une union de même origine.
À la troisième génération, le mélange se lit dans les familles : neuf petits-enfants d’immigrés sur dix de moins de 60 ans n’ont qu’un ou deux grands-parents immigrés. L’Insee parle de la mixité des unions comme du moteur de la diversité des origines : elle les diffuse dans les histoires de famille, au lieu de les enfermer dans des communautés séparées.
Le mélange commence par ce qu’il y a de plus intime : on tombe amoureux, on fonde une famille. Et génération après génération, c’est ce qui compose un peu plus la France.
Sources : Insee Première n° 1910 — La diversité des origines et la mixité des unions progressent au fil des générations (J. Lê, P. Simon, B. Coulmont, 2022, actualisé en 2023) · Insee Références — Origines des conjoints des immigrés et des descendants d’immigrés (Immigrés et descendants d’immigrés, édition 2023)