La France émet moins de gaz à effet de serre : 4,1 % de moins au premier semestre 2026.
Le 13 octobre 2026, le Citepa, l’organisme chargé d’inventorier les émissions de gaz à effet de serre de la France, a publié son estimation pour le premier semestre. Le résultat tient en une ligne : 179,7 millions de tonnes d’équivalent CO2, contre 187,4 un an plus tôt, soit une baisse de 4,1 %.
à effet de serre, 1er semestre 2026
Ce recul vient d’abord de deux endroits que chacun connaît. Les bâtiments, dont les émissions reculent de 12,0 %, avec moins de gaz brûlé pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisson. Les transports, en baisse de 4,5 %, où le transport routier recule et où les ventes de gazole diminuent de 7,3 %.

Ce n’est pas un accident isolé. D’après le rapport Secten 2026 du Citepa, les émissions ont baissé de 2,1 % en 2025, et le dernier inventaire national fait état d’une baisse de 3,0 % entre 2023 et 2024. Le Citepa décrit une dynamique de réduction plus régulière depuis 2018, en dehors de l’épisode du Covid.
L’Insee regarde la même histoire du côté de la consommation. Entre 2010 et 2025, l’empreinte carbone de la France, qui compte aussi les émissions importées pour satisfaire la demande intérieure, a baissé de 23 %, hors émissions directes des ménages. Pendant ce temps, la demande finale intérieure augmentait de 18 % en volume.
L’institut explique l’essentiel de cette baisse, à hauteur de 85 %, par la décarbonation des produits eux-mêmes : les biens et les services que nous utilisons sont fabriqués avec moins d’émissions qu’il y a quinze ans.
Ces chiffres ont des limites que les deux organismes signalent. L’empreinte, de 571 millions de tonnes en 2025 selon l’Insee, soit 8,3 tonnes par personne, reste plus élevée que les émissions des unités résidentes, de 398 millions, soit 5,8 tonnes par personne, puisqu’elle inclut ce qui est importé. Et pour les bâtiments, le Citepa rappelle que la tendance dépend fortement de la météo.
Le Citepa prévoit d’ailleurs un ralentissement au second semestre : sur l’année 2026, la baisse attendue est de 2,8 %, soit 349,4 millions de tonnes contre 359,4 en 2025, hors puits de carbone. Le secteur de l’énergie devrait voir ses émissions remonter, les centrales à gaz ayant été davantage sollicitées cet été, en partie pour l’exportation.
Derrière ces pourcentages, il y a des ménages et des entreprises qui consomment moins de gaz et de gazole, et des habitudes qui changent sans faire de bruit. La plus grande partie de cette baisse n’a pas été décidée en un jour : elle s’est construite année après année.
Le Citepa et l’Insee, avec des méthodes différentes, racontent la même tendance : la France émet moins de gaz à effet de serre, sur son sol comme à travers ce qu’elle consomme.
Sources : Citepa — Baromètre des émissions, 1er semestre 2026 (13 octobre 2026) · Citepa — Rapport Secten, édition 2026