La forêt française gagne 100 000 hectares chaque année.
En 1840, la forêt couvrait 8,9 millions d’hectares en France. En 1908, elle en comptait 9,9 millions. Aujourd’hui, elle s’étend sur 17,7 millions d’hectares dans l’Hexagone et en Corse, soit 32 % du territoire, d’après l’Inventaire forestier national publié par l’IGN le 7 octobre 2026.
du territoire (2025)
Ce chemin a une date de bascule. La surface forestière atteignait 14,1 millions d’hectares en 1985, puis 16,2 millions en 2010. Depuis 2010, elle gagne en moyenne 100 000 hectares chaque année, soit 1 000 kilomètres carrés, près de dix fois la superficie de Paris. La forêt française n’avait pas occupé autant de place depuis près de deux siècles.
Cette progression se lit aussi sur la carte. En 1908, dix-huit départements avaient moins de 10 % de leur territoire boisé et aucun n’atteignait 60 %. Aujourd’hui, quatre départements seulement sont sous les 10 % (la Manche, la Vendée, la Mayenne et les Deux-Sèvres), et sept dépassent 60 %.
Le volume de bois a suivi. Depuis 1985, le stock de bois vivant est passé de 1,8 à 2,9 milliards de mètres cubes, soit 60 % de plus. La production biologique annuelle, de 88,7 millions de mètres cubes entre 2016 et 2024, reste supérieure aux pertes liées à la mortalité et aux prélèvements, de sorte que le volume continue de croître d’environ 20 millions de mètres cubes par an.
Les 11,5 milliards d’arbres recensés en 2025 stockent 1 376 millions de tonnes de carbone, un stock en hausse de 23 % depuis 2009. Les forêts séquestrent ainsi chaque année environ 39 millions de tonnes de CO2.
Trois quarts de cette forêt appartiennent à des propriétaires privés. Selon WE DEMAIN, qui commente l’inventaire, l’exode rural et l’abandon de certaines terres agricoles ont contribué à cette reconquête, au même titre que les politiques de reboisement.
L’IGN documente aussi l’envers du tableau, avec la même précision. La mortalité des arbres atteint en moyenne 18,1 millions de mètres cubes par an sur 2016-2024, contre 7,4 millions sur 2005-2013, soit 0,6 % du volume de bois vivant. Sur 2021-2025, 9 % des arbres sont altérés, avec des taux de 25 % pour le frêne et 22 % pour le châtaignier.
Les sécheresses et les canicules affaiblissent les arbres et favorisent les insectes, comme les scolytes, tandis que des maladies importées touchent le frêne et le châtaignier. La capacité d’absorption de carbone ralentit en conséquence, passant de 63 à 39 millions de tonnes de CO2 par an entre les deux périodes. Les relevés vont de 2021 à 2025 et ne prennent pas encore en compte l’été 2026.
Ce que l’inventaire établit tient en peu de mots : la forêt française est plus vaste qu’elle ne l’a été depuis deux siècles, plus riche en bois et en carbone, et elle fait face à un défi climatique que les mesures de l’IGN permettent de suivre année après année.
Sources : IGN — Inventaire forestier national, résultats 2026 : la forêt à l’épreuve du changement climatique (7 octobre 2026) · Vie publique — Forêts françaises : entre extension de la surface forestière et état de santé dégradé (19 octobre 2026)