Montbrehain (Aisne) paysage avecpylônes électriques et éoliennes

Avec plus de 95 % d’électricité décarbonée, la France reste pourtant à près de 60 % d’énergies fossiles.

Vérifié · 2 sourcesN° 07929 Oct 26

L’électricité française est décarbonée à plus de 95 %, et pourtant les énergies fossiles représentent encore près de 60 % de l’énergie que consomme le pays. Les deux chiffres sont exacts, et ils ne mesurent pas la même chose.

95 %d'électricité décarbonée,
mais près de 60 % d'énergies fossiles au total

Selon RTE, le gestionnaire du réseau de transport, la France a produit 547,5 TWh d’électricité en 2025, dont 521,1 TWh de production bas-carbone, un maximum historique. La production à partir d’énergies fossiles est tombée à son plus bas niveau depuis soixante-quinze ans, et les émissions du système électrique atteignent un minimum de 10,9 millions de tonnes d’équivalent CO2.

La consommation d’électricité est restée stable en 2025, à près de 6 % sous son niveau d’avant la crise. Cette production abondante a nourri des exportations record, de 92,3 TWh, soit 17 % de la production et plus que la consommation d’un pays comme la Belgique. Ce volume dépasse celui de 2024, qui s’élevait à 89,0 TWh : c’est le deuxième record consécutif.

RTE ajoute que les prix français de l’électricité sur les marchés à terme ont diminué et se sont largement découplés de ceux des voisins. L’électricité est aussi moins chère en France que chez la plupart de ses voisins. Au second semestre 2025, un ménage consommant entre 2 500 et 5 000 kWh par an payait 25,6 centimes le kilowattheure, taxes comprises, selon Eurostat, contre 29,0 centimes en moyenne dans l’Union européenne, 38,7 en Allemagne, 35,0 en Belgique, 29,7 en Italie et 26,7 en Espagne.

Les Pays-Bas affichent 25,5 centimes, soit pratiquement le même prix que la France. La comparaison porte sur les prix payés par les ménages, y compris les taxes et, depuis 2021, les aides, et non sur le coût de production de l’électricité.

Reste l’autre moitié de l’équation, car l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie utilisée. RTE rappelle que les énergies fossiles représentent encore près de 60 % de la consommation d’énergie totale du pays, et c’est cette dépendance qu’il propose de réduire en accélérant l’électrification des usages.

Les deux chiffres ne se contredisent donc pas : le premier décrit le réseau électrique, le second l’ensemble de ce que le pays consomme. La France combine ainsi une électricité très peu émettrice et une dépendance encore importante aux énergies fossiles pour le reste de ses usages.

Ces chiffres viennent en grande partie de RTE, qui est à la fois la source des données et un acteur du système électrique, d’où l’intérêt de les recouper : les prix, eux, viennent d’Eurostat. Ils ne disent ni ce que coûtera l’électrification, ni qui la financera, ni si les prix resteront à ce niveau.

Sources : RTE — Bilan électrique 2025 (communiqué du 25 février 2026) · Eurostat — Electricity prices for household consumers, bi-annual data (nrg_pc_204, bande 2 500-4 999 kWh, 2025-S2)