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À seize ans, les fumeurs quotidiens sont cinq fois moins nombreux qu’il y a dix ans.

Vérifié · 4 sourcesN° 07028 Oct 26

En 2015, fumer tous les jours à seize ans n’avait rien d’exceptionnel en France : un adolescent sur six était dans ce cas. Dix ans plus tard, ils sont 3,1 %.

3,1 %de fumeurs quotidiens
à seize ans, en 2024

Le chiffre vient de l’enquête européenne ESPAD, menée dans une quarantaine de pays et publiée pour la France par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Il place le pays parmi la dizaine de nations européennes où la proportion de fumeurs quotidiens à cet âge est inférieure à 5 %, aux côtés des pays nordiques.

Photo : Velvet / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0

Le mouvement ne tient pas à une classe d’âge en particulier. Chez les lycéens, l’OFDT compte 5,6 % de fumeurs quotidiens en 2024 ; chez les jeunes adultes de 18 à 29 ans, la proportion est tombée de 29 % à 18 % entre 2021 et 2024, et à dix-sept ans elle est passée de 25,1 % en 2017 à 15,6 % en 2022.

Santé publique France mesure le même mouvement en amont, sur le simple fait d’avoir essayé : à dix-sept ans, la part de ceux qui ont déjà fumé une cigarette recule de 59,0 % en 2017 à 46,5 % en 2022. Ce n’est plus un recul de la consommation, c’est un recul de l’entrée dans la consommation.

Rapporté à l’ensemble de la population, cela représente quatre millions de fumeurs quotidiens de moins en dix ans. En 2024, moins d’un adulte sur cinq fume tous les jours, le niveau le plus bas jamais mesuré en France.

Photo : Touam (Hervé Agnoux) / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0

Le phénomène déborde largement la cigarette. La même enquête européenne montre que la France compte désormais parmi les pays où les jeunes de seize ans consomment le moins de cannabis, et que l’expérimentation de l’alcool y reste inférieure à la moyenne, avec 68 % contre plus de 70 % dans les deux tiers des pays participants. C’est une génération entière qui consomme moins que celle qui l’a précédée, et sur les trois produits à la fois.

Aucune mesure unique n’explique ce résultat, et c’est précisément ce qui le rend solide : le paquet neutre, les hausses de prix successives, le remboursement des substituts nicotiniques, l’interdiction de fumer dans des espaces de plus en plus nombreux et le Mois sans tabac ont agi ensemble, sur une génération entière.

Une réserve, et elle est sérieuse. Avant leur interdiction en 2025, 39,4 % des lycéens et 16,6 % des collégiens déclaraient avoir déjà essayé une cigarette électronique jetable. Le recul du tabac ne dit rien de ce que devient la nicotine, et les autorités sanitaires surveillent ce report.

Reste que la crainte la plus répandue, celle d’une jeunesse qui fumerait toujours autant voire davantage, ne résiste pas aux chiffres : elle était fondée il y a quinze ans, elle ne l’est plus aujourd’hui.

Sources : OFDT — Les usages de drogues en Europe à 16 ans, résultats ESPAD 2024 (septembre 2025) · OFDT — Tabagisme et arrêt du tabac en 2025