En France, la Sécurité sociale paie près de 79 % des soins et, à l’hôpital, les malades n’avancent que 2,2 % de la facture : la santé est d’abord une solidarité.

En France, la Sécurité sociale paie près de 79 % des soins et, à l’hôpital, les malades n’avancent que 2,2 % de la facture : la santé est d’abord une solidarité.

Vérifié · 3 sourcesN° 08829 Oct 26

Sur 100 euros de soins et de biens médicaux consommés en France en 2024, 78,7 euros ont été payés par la Sécurité sociale, 12,8 euros par les organismes complémentaires, 0,7 euro par l’État et 7,8 euros seulement par les ménages, d’après les comptes de la santé de la Drees, le service statistique du ministère de la Santé.

78,7 %des soins et biens médicaux sont payés
par la Sécurité sociale (2024)

À l’hôpital, qui représente près de la moitié des dépenses, 47 % soit 120,7 milliards d’euros, la solidarité est presque totale. La Sécurité sociale y finance 92,8 % des dépenses, et la part restant à la charge des ménages est de 2,2 %, soit 1,0 % dans le secteur public. Cela représente en moyenne 40 euros par habitant et par an pour l’ensemble des soins hospitaliers.

Cette solidarité repose sur un principe simple : les personnes en affection de longue durée sont prises en charge à 100 %. Selon la Drees, cette règle fait progresser chaque année la part des dépenses assumée par la Sécurité sociale, à mesure que la population vieillit et que ces maladies chroniques deviennent plus fréquentes.

La comparaison européenne va dans le même sens. Sur le champ de la dépense courante de santé au sens international, le reste à charge des ménages est de 10,2 % en France, contre 14,8 % en moyenne dans l’Union européenne.

Cette protection a un coût : 254,8 milliards d’euros de consommation de soins et de biens médicaux en 2024, soit 8,7 % du PIB et 3 723 euros par habitant, selon l’Insee. L’OCDE note que la France consacre 11,5 % de son PIB à la santé, contre 9,3 % en moyenne dans ses pays membres.

Le tableau a aussi ses ombres. Le reste à charge moyen est monté à 292 euros par habitant en 2024, contre 276 euros en 2023, avec le doublement des franchises, de 0,50 à 1 euro par boîte de médicaments et de 1 à 2 euros par consultation, et la baisse du remboursement des soins dentaires, de 70 % à 60 %. Les ménages financent encore 15,5 % des soins dentaires en cabinet libéral.

L’OCDE relève par ailleurs que 4,1 % des habitants disent avoir eu des besoins de soins non satisfaits, contre 3,4 % en moyenne dans ses pays membres. La solidarité a donc des limites, que la Drees et l’OCDE mesurent chaque année.

Ces chiffres décrivent pourtant un choix collectif très concret : à l’hôpital, la facture que chacun règle directement reste très faible, quelle que soit la gravité de la maladie. C’est ce que permet de mettre en commun une société qui cotise ensemble.

Ces données mesurent des dépenses, pas la qualité des soins ni l’accès dans chaque territoire. Elles disent ce que nous mettons en commun, et que la santé en France reste d’abord une affaire collective.

Sources : Drees — Les dépenses de santé en 2024, édition 2025 (comptes de la santé) · Insee — Dépenses de santé, France portrait social (2025)