Un médecin sur sept en France a été formé à l’étranger : la médecine française s’est renforcée grâce à eux.
La prochaine fois que vous serez reçu par un chirurgien, il y a presque une chance sur quatre qu’il ait été formé à l’étranger : 23,9 % des spécialistes chirurgicaux en activité régulière en France ont un diplôme étranger, selon l’Atlas de la démographie médicale du Conseil national de l’Ordre des médecins. Chez les spécialistes médicaux, ils sont 19,6 %.
ont un diplôme étranger (2026)
Au total, 34 950 médecins en activité ont obtenu leur diplôme à l’étranger au 1er janvier 2026, soit 14,2 % des médecins du pays. En 2010, ils étaient 15 349 : leur nombre a plus que doublé, avec une hausse de 127,7 %.
Ce renfort a compté. La Drees, le service statistique du ministère de la Santé, note que le nombre de médecins a augmenté de 12,2 % entre début 2012 et début 2026, une hausse stimulée par l’effectif croissant de médecins diplômés à l’étranger. Autrement dit, une partie de la médecine française d’aujourd’hui s’est construite avec eux.
Ces praticiens viennent d’horizons variés. Au 1er janvier 2026, 9,2 % des médecins en activité ont obtenu leur diplôme en dehors de l’Union européenne, le reste de ceux qui sont diplômés à l’étranger l’ayant obtenu dans un autre pays de l’Union. Chez les généralistes en activité régulière, ils représentent 7,5 %.
Cette histoire n’a rien d’exceptionnel dans le monde. Selon le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), la part de médecins immigrés parmi les médecins hospitaliers en France est inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE, qui est de 24 %, et le Canada, l’Australie ou la Suisse atteignent entre 40 % et 50 % de médecins nés à l’étranger.
Les parcours sont très différents. Le CEPII rappelle que médecin étranger ne veut pas dire diplôme étranger : les médecins originaires du Maghreb ont, pour la plupart, fait leurs études en France. Et le critère du diplôme porte sur le lieu des études, pas sur la nationalité.
Le besoin est durable. Le vieillissement de la population accroît la demande de soins, celui des médecins réduit l’offre, et le CEPII estime que ce besoin ne disparaîtra pas de sitôt. En Guyane, l’agence régionale de santé a ouvert à l’automne 2021 plus de 200 postes pour recruter des médecins étrangers hors Union européenne, et 45 % des médecins hospitaliers y sont immigrés.
Le message qui s’en dégage est simple : se soigner en France, c’est déjà vivre ensemble. Dans les couloirs de l’hôpital comme dans les cabinets, des soignants venus d’ailleurs sont devenus une partie du service public de la santé, et beaucoup de patients ne le savent même pas.
Ces chiffres ne disent rien des conditions d’exercice de ces praticiens ni de leur répartition sur le territoire. Ils montrent une réalité plus simple : un médecin sur sept a été formé ailleurs, et la médecine française s’en est renforcée.
Sources : Conseil national de l’Ordre des médecins — Atlas de la démographie médicale en France 2026 · Drees — Démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2026