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Les émissions françaises ont reculé d’un tiers depuis 1990.

Vérifié · 2 sourcesN° 1196 Nov 26

Si vous cherchez à savoir où en est la France sur ses émissions de gaz à effet de serre, vous tomberez surtout sur des objectifs, des trajectoires et des engagements. L’inventaire, lui, ne compte pas des promesses : il compte des tonnes, et il en compte moins chaque année.

367millions de tonnes équivalent CO2 en 2024,
contre 547 en 1990

En 2024, la France a émis l’équivalent de 367 millions de tonnes de CO2. Elle en émettait 547 millions en 1990, année qui sert de référence à tous les engagements européens. Le recul atteint donc un tiers en trente-quatre ans.

Le mouvement s’est nettement accéléré sur les dernières années. L’inventaire donne 437,7 millions de tonnes en 2019, 405,8 en 2022, 378,2 en 2023 et 367,0 en 2024 : plus de 70 millions de tonnes de moins en cinq ans, soit davantage que pendant les quinze années précédentes.

Un détail de lecture évite un contresens courant. Le creux de 2020, à 398 millions de tonnes, n’est pas une performance : c’est le confinement, et les émissions sont remontées à 422 dès 2021. La baisse qui compte est celle qui a suivi, et qui s’est faite sans arrêter le pays.

L’inventaire porte sur les émissions produites sur le territoire. Il ne compte donc pas celles qui ont été émises ailleurs pour fabriquer ce que nous importons, et cet angle mort est réel : l’empreinte carbone des Français, qui les inclut, recule beaucoup plus lentement que l’inventaire territorial.

Ce qui a produit le recul n’est pas un geste unique. La production d’électricité française était déjà peu carbonée, et la baisse récente vient surtout de l’industrie, du chauffage des bâtiments et d’un hiver doux, trois causes dont une seule est une politique publique.

Reste que la trajectoire ne dépend pas d’une seule année. Depuis 2015, l’inventaire n’est repassé au-dessus de son niveau de l’année précédente qu’une seule fois, en 2021, et pour la raison qu’on a dite.

Un pays qui émet un tiers de moins qu’il y a trente ans tout en ayant gagné dix millions d’habitants, c’est un découplage. Il est lent, il est incomplet, et il est réel.

Sources : Eurostat — Émissions de gaz à effet de serre, France (jeu env_air_gge), série 1990-2024 · Citepa — Inventaire national des émissions de gaz à effet de serre, rapport Secten