Les élèves de l’éducation prioritaire rattrapent du terrain en mathématiques.
L’école française traîne la réputation de reproduire les inégalités sociales plus que de les corriger, et les comparaisons internationales lui ont souvent donné raison.
contre 38,2 % en 2020
Pour la huitième année consécutive, tous les élèves de cours préparatoire ont passé la même évaluation sur papier, en lecture, en écriture et en numération. Celle de 2026 s’est tenue entre le 12 et le 23 janvier, et les résultats définitifs ont été publiés en juillet par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale.

En mathématiques, les quatre compétences que l’on peut comparer à 2020 progressent toutes. La résolution de problèmes, de loin le point faible du début de primaire, passe de 53,6 % à 60,5 % d’élèves ayant une maîtrise satisfaisante, soit sept points gagnés en six ans.
Le mouvement le plus net se lit dans les écoles les plus en difficulté. Dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcée, les REP+, la part des élèves qui résolvent correctement des problèmes est passée de 38,2 % à 47,0 %, et l’écart avec les écoles publiques ordinaires s’est resserré de 17,2 à 15,1 points.
Le même resserrement vaut pour les trois autres compétences comparables, l’écart tombant de 16,8 à 12,8 points pour la soustraction, de 11,3 à 9,0 points pour l’addition et de 6,4 à 5,2 points pour l’écriture des nombres entiers. En REP+, la réussite en soustraction est passée de 51,6 % à 59,8 % sur la même période. Le rattrapage se joue aussi à l’intérieur de l’année. Sur la cohorte entrée au cours préparatoire en septembre 2025, l’écart entre les écoles de l’éducation prioritaire et les autres écoles publiques s’est réduit de cinq points en résolution de problèmes entre la rentrée et le mois de janvier.
Ce rattrapage a un prix, et il est public. L’éducation prioritaire couvre 21 % des élèves répartis dans 1 093 réseaux, et la Cour des comptes chiffre la dépense de l’État à 2,6 milliards d’euros estimés pour 2023, contre 1,1 milliard en 2014, soit deux fois et demie plus en moins de dix ans.
La même Cour prévient que ces gains ne tiennent pas dans la durée. « Si l’on observe à court terme des progrès en mathématiques et, dans une moindre mesure, en lecture et écriture, ceux-ci s’estompent d’ici l’entrée au collège », écrivait-elle en mai 2025 à la commission des finances du Sénat, en rappelant que l’objectif de ramener les écarts sous 10 % n’a pas été atteint.
Le français ne suit pas le même chemin, et la note le dit sans détour. La compréhension de phrases lues seul reste la compétence la moins maîtrisée, à 61,4 %, elle a reculé de 2,3 points depuis 2020, et l’écart entre les REP+ et les écoles ordinaires s’est même creusé pour l’écriture des syllabes.
À niveau social comparable, les écoliers des communes rurales les plus éloignées s’en tirent pourtant souvent mieux que ceux des villes très denses. Le calcul se rattrape donc, et il se rattrape d’abord là où on l’attendait le moins.
Sources : Ministère de l’Éducation nationale, DEPP — « Résultats définitifs des évaluations Point d’étape à mi-CP 2025-2026 », Note d’Information n° 26-32, juillet 2026 · Cour des comptes — « L’éducation prioritaire, une politique publique à repenser », communication à la commission des finances du Sénat, 6 mai 2025