Erasmus emmène désormais les apprentis et les lycéens professionnels.
Alors que le mot Erasmus évoque encore l’amphithéâtre et l’année d’échange à l’étranger, la plupart des départs financés aujourd’hui depuis la France ne concernent pas des étudiants.
avec Erasmus+ depuis la France en 2025
L’Agence Erasmus+ France Éducation Formation, qui gère le programme pour le compte de l’État, a financé 199 620 mobilités d’éducation et de formation au départ de la France en 2025. Les étudiants du supérieur en représentent 70 746, soit un peu plus d’un tiers du total.

Le reste, ce sont 56 873 élèves de l’enseignement scolaire, 37 179 lycéens professionnels, apprentis et stagiaires, 32 457 enseignants, formateurs et personnels d’établissement, et 2 365 adultes revenus en formation. Les cinq premières destinations au départ de la France sont l’Espagne, l’Irlande, l’Allemagne, la Belgique et l’Italie. Le programme couvre trente-trois pays, les vingt-sept États membres de l’Union et six pays associés, et il a bénéficié à 16,5 millions de personnes en Europe depuis sa création.
Ce basculement a une date et un mécanisme. En 2014, le programme né en 1987 a absorbé les autres dispositifs européens de mobilité et pris le nom d’Erasmus+, ce qui l’a ouvert aux apprentis, aux demandeurs d’emploi, aux collégiens et aux lycéens, puis, en 2023, au personnel des structures sportives.
Ce qui a vraiment changé, c’est le nombre d’établissements capables d’organiser un départ pour des jeunes qui n’y auraient jamais pensé seuls. Les centres de formation d’apprentis engagés dans le programme sont passés de 308 en 2021 à 458 en 2025, et la part des stages en entreprise est montée de 50 % à 60 % des mobilités de la voie professionnelle et du supérieur. Les mobilités courtes des apprenants de la voie professionnelle sont, elles, passées de 30 781 en 2023 à plus de 34 400 en 2024.
Le programme prévoit aussi de quoi lever l’obstacle le plus banal, celui de l’argent : selon les secteurs, de 20 à 40 % des participants touchent un complément dit d’inclusion, qui couvre les frais supplémentaires des personnes qui, sans lui, resteraient chez elles. L’ouverture demeure pourtant inégale en profondeur, puisqu’une mobilité dure en moyenne 22 jours dans la voie professionnelle contre 104 jours dans l’enseignement supérieur.
Le dispositif a un prix, et il a été voté en plein jour. Le règlement européen du 20 mai 2021 fixe l’enveloppe d’Erasmus+ à 24,574 milliards d’euros pour les sept années 2021-2027, et l’agence française annonce 422 millions d’euros de crédits pour la seule année 2026.
Les intéressés en gardent quelque chose de durable. Selon les enquêtes de l’agence, 86 % des apprenants de la voie professionnelle estiment avoir renforcé leur employabilité après leur séjour, et 89 % des bénéficiaires du programme en mesurent encore un effet positif cinq ans plus tard. Ils sont 90 % à déclarer avoir progressé dans la langue du pays qui les a accueillis.
Deux millions de Français sont partis avec Erasmus depuis 1987, et la moitié d’entre eux depuis 2014 seulement. L’Europe des amphithéâtres est en train de devenir celle des ateliers.
Sources : Agence Erasmus+ France Éducation Formation — « Les chiffres clés Erasmus+ », fiche de mai 2026 (chiffres France 2025) · Règlement (UE) 2021/817 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2021 établissant Erasmus+, article 14 (enveloppe financière)