L’emploi des femmes progresse en France depuis six ans sans interruption.
On entend souvent que le travail des femmes aurait cessé de progresser, bloqué par le temps partiel et les métiers mal payés, et pourtant la courbe du taux d’emploi féminin monte sans discontinuer depuis 2019.
un emploi, contre 63,7 % en 2019
L’Insee mesure 66,7 % des Françaises de 15 à 64 ans en emploi en 2025, contre 63,7 % six ans plus tôt. Trois points gagnés en six ans, dans une période qui a pourtant compté une épidémie et deux récessions. Le creux de 2020 lui-même fut minime et entièrement rattrapé dès l’année suivante, ce qui n’allait pas de soi.
La comparaison européenne, à tranche d’âge identique, place la France très légèrement devant ses voisins : 66,9 % pour les Françaises contre 66,7 % pour la moyenne des Vingt-Sept, selon les séries que l’Insee publie côte à côte. L’écart est mince, mais il tient d’une année sur l’autre, et il place la France dans la moitié haute du classement européen.
Les séries d’Eurostat donnent la même pente sur une autre tranche d’âge, les 20 à 64 ans, où le taux d’emploi féminin français passe de 69,3 % en 2019 à 72,6 % en 2025, avec une avance d’un point sur l’Union.
Ces deux séries ne se confondent pas et ne se moyennent jamais, puisqu’elles ne comptent pas les mêmes personnes : l’une inclut les 15-19 ans, massivement scolarisés, l’autre les écarte et relève mécaniquement le taux. C’est précisément le genre de confusion qui alimente les polémiques de chiffres, et il suffit de dire laquelle on cite pour l’éviter.
L’écart avec les hommes, lui, demeure et il faut le dire. Le taux d’emploi masculin atteint 71,9 % sur la même tranche d’âge en 2025, soit un peu plus de cinq points au-dessus de celui des femmes.
La nature de ces emplois reste par ailleurs très inégale, et c’est l’angle mort de cette courbe. Le temps partiel demeure très majoritairement féminin, ce qui pèse directement sur les revenus annuels et sur les droits à la retraite. L’Insee rappelle d’ailleurs que les femmes occupent 42 % des postes du privé en équivalent temps plein, mais seulement 24 % du centile le mieux payé.
Le chiffre ne dit donc rien de la qualité du travail, ni des horaires, ni des carrières interrompues. Il dit une seule chose, mais il la dit nettement : la part des femmes qui occupent un emploi n’a jamais été aussi élevée. Une génération plus tôt, ce taux se situait une dizaine de points plus bas, et la progression ne s’est jamais vraiment interrompue depuis.
C’est une bascule de société qui s’est faite sans décret ni proclamation, à bas bruit, année après année. Les courbes d’emploi se rejoignent lentement, et rien dans les six dernières années ne laisse penser qu’elles s’arrêteront en route.
Sources : Insee — Taux d’emploi selon le sexe et l’âge en 2025 · Insee — Taux d’emploi selon le sexe et l’âge dans l’Union européenne