Il y a moins de cambriolages de logements en France qu’il y a dix ans.
C’est le délit que les Français redoutent le plus chez eux : celui qui vous prend votre porte, vos tiroirs et le sentiment d’être à l’abri. On en parle comme d’un fléau qui monte. Il recule pourtant, et depuis une décennie.
211 600 en 2025, contre 248 900
Le service statistique du ministère de l’Intérieur publie chaque année la série. Elle commence en 2016 à 248 900 cambriolages de logements enregistrés, résidences principales et secondaires confondues, tentatives comprises. En 2025, ils sont 211 600.
Trente-sept mille de moins, soit un recul de 15 % en neuf ans. Rapporté à des foyers, cela représente chaque année des dizaines de milliers de familles qui ne rentrent pas chez elles un soir pour trouver la porte forcée.
La baisse vaut aussi pour l’ensemble des cambriolages, logements et autres locaux confondus : 385 700 en 2016, 314 400 en 2025. Les séries européennes d’Eurostat, construites sur un autre périmètre, dessinent la même pente sur douze ans.
Ces chiffres ne se confondent pas et ne se moyennent jamais. L’un ne compte que les habitations ; l’autre y ajoute les locaux commerciaux, 61 300 faits en 2025, et les caves, garages et parkings, 41 500 autres. Les logements font près des deux tiers du total.
La courbe n’est pas une ligne droite. Elle plonge en 2020 et 2021, quand les logements n’étaient presque jamais vides, remonte ensuite jusqu’en 2024, puis redescend de 3 % en 2025. Une tendance de dix ans n’est pas une promesse pour l’année qui vient.
Il faut aussi dire ce que ces chiffres ne sont pas. Ce sont des faits enregistrés, c’est-à-dire déclarés. Le ministère écrit lui-même qu’ils « ne couvrent qu’une partie des faits subis par la population », et renvoie aux enquêtes de victimation pour mesurer le reste.
Et une baisse des faits n’est pas une amélioration de la réponse. Le taux d’élucidation des cambriolages reste parmi les plus bas de toute la statistique policière. Moins de foyers sont visités ; ceux qui le sont n’ont guère plus de chances de voir l’affaire aboutir.
Reste à savoir pourquoi. Le ministère n’avance pas d’explication unique, et il a raison : des portes mieux équipées, des objets moins revendables, une délinquance qui se déplace vers la fraude en ligne, peut-être des victimes qui renoncent à porter plainte. Chacune se discute, aucune ne se démontre avec la seule série des faits enregistrés.
Il reste qu’un foyer français a aujourd’hui moins de risques d’être cambriolé qu’il y a dix ans. Ce constat ne vient d’aucun discours : il vient des chiffres que l’État publie chaque année sur lui-même, et que chacun peut aller vérifier.
Sources : SSMSI — Insécurité et délinquance en 2025, bilan statistique, édition 2026, fiche 6.2 Cambriolages · Eurostat — Infractions enregistrées par la police, cambriolages (crim_off_cat), France, extrait le 1er novembre 2026