Collecte alimentaire de la banque alimentaire dans un supermarché Carrefour Market à Villeurbanne (bénévoles de la Croix

Deux cents magasins des Bouches-du-Rhône collectent pour la Banque alimentaire.

Vérifié · 3 sourcesN° 1092 Nov 26

Dans le 11ème arrondissement de Marseille, un entrepôt s’apprête à recevoir en trois jours de quoi couvrir près d’un dixième des besoins de son année entière.

340tonnes en trois jours
à la dernière collecte

Les 6, 7 et 8 novembre, la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône tient sa grande collecte annuelle dans près de deux cents magasins répartis dans tout le département. Le principe tient en une phrase : en faisant ses courses, chacun achète un produit de plus et le remet en sortant à des bénévoles en gilet orange, qui collectent aussi bien des denrées non périssables que des produits d’hygiène.

Une collecte de la Banque alimentaire dans un supermarché, ici à Villeurbanne en 2018. Photo : Benoît Prieur / Wikimedia Commons — CC0

Les sacs ne restent pas sur place. Ils partent vers l’entrepôt marseillais de l’association, où d’autres bénévoles les trient par catégorie avant la redistribution, et il faut encore des conducteurs de poids lourds pour faire le trajet. L’association a donc besoin de bras aux deux bouts de la chaîne, et en cherchait encore un millier début octobre.

La dernière édition donne l’échelle de ce que trois jours peuvent produire : 340 tonnes récoltées, soit l’équivalent de 680 000 repas et près de 10 % des stocks de l’année. Un week-end de collecte pèse ainsi un peu plus qu’un mois d’approvisionnement ordinaire.

Ces denrées ne sont pas stockées pour elles-mêmes. La Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône approvisionne 177 associations et centres communaux d’action sociale, qui aident ensemble plus de 110 000 personnes dans le département. L’opération, elle, dépasse largement les Bouches-du-Rhône : la même fin de semaine, plus de cent mille bénévoles tiennent les portes des magasins dans toute la France, pour un réseau qui fournit 6 044 associations et 2,4 millions de personnes.

L’association collecte depuis 1986 et connaît des printemps difficiles : ses stocks ont donné des signes de tension en mai dernier. « La demande augmente, les subventions diminuent », résumait son président Joseph Arakel à l’automne 2025, en décrivant une file où l’on croise désormais des étudiants, des retraités et des actifs.

Les entreprises peuvent y envoyer leurs salariés sur leur temps de travail, et certains y prennent goût. « On peut s’engager sur une journée offerte par l’entreprise, puis on peut choisir de continuer sur notre temps personnel », racontait l’un d’eux lors d’une édition précédente, venu trier des cartons un samedi matin sans que personne le lui demande.

Une collecte alimentaire a ceci de particulier qu’elle ne demande ni don d’argent ni engagement dans la durée : un paquet de pâtes, une boîte de conserve, un gel douche déposés en sortant de caisse suffisent à y participer. C’est l’addition de ces gestes minuscules, répétés sur trois jours dans deux cents magasins, qui fait les centaines de tonnes.

Trois jours, deux cents magasins : il suffit d’un produit de plus dans le caddie.

Sources : Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône — Grande Collecte Nationale 2026 · Destimed — « La Banque Alimentaire recherche d’urgence 1 000 bénévoles pour sa grande collecte », 8 octobre 2026